L’étonnante décision de la justice française concernant l’extradition de Patrice Talon au Bénin

La cour d’appel de Paris s’est opposée, mercredi 4 décembre, à l’extradition au Bénin de Patrice Talon. Surprise et étonnement… L’homme d’affaires est reconnu coupable d’une tentative d’empoisonnement du président Thomas Boni Yayi en 2012. Cette décision judiciaire intervient également 2 jours après la fuite du juge Houssou aux Etats-Unis (il est actuellement incarcéré en centre de détention).

Patrice Talon, 55 ans, avait été accusé fin octobre 2012 d’avoir fomenté depuis l’étranger un complot pour empoisonner le président et l’éliminer de la vie politique, en remplaçant les médicaments du président par des produits toxiques. Le complot avait alors été déjoué in extremis. Des proches du président, dont son médecin personnel, sa nièce et gouvernante et un ancien ministre avaient été arrêtés en octobre 2012. Ils ont depuis reconnu les faits : leurs déclarations confondent Patrice Talon et son bras droit Olivier Boko, lui aussi réclamé par le Bénin, comme commanditaires de cette tentative avortée d’empoisonnement.

A l’époque, Patrice Talon était par ailleurs déjà poursuivi au Bénin dans des affaires de malversations et avait fui son pays, avant d’être arrêté en France et placé sous contrôle judiciaire.

Malgré cette décision, la réalité des charges qui pèsent contre Patrice Talon et Olivier Boko n’est pas remise en cause, bien au contraire. La tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat est vérifiée, étayée et confirmée.

Le parquet général de Paris a désormais cinq jours pour attaquer cette décision en cassation, mais il s’était lui aussi prononcé contre l’extradition de M. Talon et de l’un de ses proches, Olivier Boko. IL avait émis un avis défavorable le 23 octobre, en estimant que les conditions d’une justice équitable dans ce pays d’Afrique de l’Ouest n’étaient pas réunies. Le parquet général avait aussi relevé que la peine de mort n’avait pas disparu au Bénin, même si elle n’est plus appliquée. Les doutes délibérément alimentés sur l’abolition de la peine de mort au Bénin ont abusé la justice française…

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