[La Lettre du Continent] Affaire Talon – Une ordonnance qui fait débat

La Lettre du Continent a publié aujourd’hui l’ordonnance de non-lieu signée le 17 mai dernier par le juge d’instruction Angelo Houssou.

ordonnancenonlieu

L’ordonnance de non-lieu signée le 17 mai par le juge d’instruction Angelo Djidjoho Houssou dans l’affaire Patrice Talon soulève plusieurs interrogations que seuls les professionnels du droit seront capables de trancher. Dans cette décision que La Lettre du Continent s’est procurée (voir le document), le juge d’instruction n’a pas retenu l’association de malfaiteurs. Pourtant, ses investigations ont clairement établi que les trois protagonistes supposés du complot (Moudjaidou Soumanou, Ibrahim Mama Cisse et Zouberath Kora) visant à assassiner Thomas Boni Yayi ont rencontré l’homme d’affaires béninois – cerveau présumé de cette opération – le 17 octobre 2012 à Bruxelles. « Patrice Talon les a convaincus de remettre en lieu et place des médicaments usuels du président de la République d’autres produits pharmaceutiques qu’ils vont lui administrer », précise l’ordonnance. Deux expertises indépendantes réalisées sur les produits en question (LC nº658) en démontrent le caractère potentiellement mortel. Auditionnés par le même juge, les mêmes protagonistes ont reconnu les faits devant leurs avocats respectifs. Zouberath Kora, la nièce du président béninois a ainsi évoqué la promesse faite par Patrice Talon de lui faire parvenir un milliard de F CFA après l’administration de plusieurs gélules à son oncle.

Concernant la tentative d’empoisonnement – le second chef d’inculpation -, Angelo Houssou estime qu’elle « n’est pas constituée ». Cette interprétation se fonde sur la définition du terme, une tentative n’existant, d’après l’ordonnance, que « par un commencement d’exécution (…) qu’elle n’a pas été suspendue ou n’a manqué son effet qu’en raison des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur ». Or, selon le juge, « les actes préparatoires qui précèdent l’exécution » ne ressortent pas d’une tentative. Autre argument avancé : le passage à l’acte n’a pas eu lieu, les protagonistes supposés du complot ayant décidé de ne pas mener leur action à son terme. Aussitôt après la signature de cette ordonnance, le procureur de la république, Justin Gbenameto, qui se trouve être un parent d’Angelo Houssou, a fait appel de cette décision.

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